PRE AA : PROGRAMME DE REDUCTION DES EMISSIONS "ATIALA ATSINANANA"

Le premier Programme de réduction des émissions de Madagascar

 

Le PRE AA validé lors de la 18 ième réunion du fonds carbone du FCPF

    Cette approbation est synonyme de l’intégration de Madagascar dans le portefeuille du Fonds carbone (CF) du Forest Carbone Partnership Facility (FCPF) pour permettre la conclusion d’un contrat de vente de réduction des émissions. Ce contrat est d’un montant allant jusqu'à 70 millions de dollars si le pays parvient à atteindre une réduction des émissions de 13, 7 millions de tonnes de CO2 équivalent. Sa signature va générer à Madagascar un financement important et pérenne, permettant d’assurer la gestion durable des ressources forestières et le développement économique du pays.

 

Un programme de réduction des émissions c’est quoi ?

    Un programme se réfère à de projets multiples qui sont managés et coordonnés comme un unique ensemble. Un programme de réduction des émissions est de ce fait un ensemble d’initiatives et d’activités REDD+ coordonnés ensemble de manière à atteindre les objectifs de réduction des émissions de Madagascar. 

Cet objectif, selon les engagements de Madagascar dans la NDC, est de 14% de réduction des émissions pour le secteur forestier. 

 

Le PRE AA : le premier programme juridictionnel national REDD+

Le Programme de réduction des émissions Atiala Atsinanana (PRE-AA) est le premier programme juridictionnel à Madagascar pour l’application de la Stratégie Nationale REDD+. Plus concrètement, il s’agit de mettre en œuvre les activités de la stratégie Nationale REDD+ et d’opérationnaliser son cadre de mise en œuvre. Un programme juridictionnel, qui se distingue de l’approche projet dans la mesure où il considère les juridictions nationales ou infranationales, est de grandes ampleurs et promu par des autorités nationales.

Le PRE AA intègre cinq (5) régions Est de Madagascar dont : Atsinanana, Analanjirofo, Alaoatra-Mangoro, Sava et Sofia, lesquelles sont caractérisées par une forêt dense humide. Cette délimitation géographique lui a valu sa dénomination « Atiala Atsinanana ». 

Le PRE AA est conçu pour fournir un modèle solide de développement durable extensible sur d’autres régions de Madagascar. De par son approche évolutive, les activités sont amenées à s’étendre dans d’autres régions à forte potentialité de réduction d’émissions dans le futur. D’ici 2030, deux autres programmes juridictionnels de réduction d’émission sont en vue pour couvrir le territoire national.

 

L’intersectorialité comme principe

Le programme, tout comme le processus national REDD+, implique tous les acteurs depuis la phase d’élaboration et de consultation jusqu’à la phase de mise en œuvre des activités. Parmi ces acteurs, nous retrouvons les entités gouvernementales locales/régionales/nationales, les ONG nationales/internationales, le secteur privé, les sociétés civiles et communautés de base, les organismes de recherche et autres parties prenantes. 

Les plateformes nationales et régionales REDD+ seront ainsi amenées à jouer un rôle élémentaire dans le dispositif institutionnel pour la REDD+. En outre, le renforcement des engagements des autres secteurs ainsi que le développement de partenariat privé-public sont prévus. Le défi est ainsi de maintenir et de renforcer  davantage l’implication de toutes les parties prenantes à tous les niveaux et à toutes les étapes.

 

Un programme conçu dans une approche paysage

Compte tenu de la diversité des moteurs de la déforestation dans le pays, les activités REDD+ visent à s’attaquer aux pressions exercées sur les forêts en intervenant dans d’autres secteurs autres que forestiers permettant de relever en même temps les défis environnementaux, économiques, sociaux et politiques

 

L’approche évolutive du programme

   Le programme est conçu pour s’agrandir en termes d’activités et de zones d’intervention à travers le mécanisme de partage des revenus basés sur la performance. En effet les revenus carbones, dans un objectif de pérennité, prévoit de financer la continuité des activités, l’extension d’activités vers d’autres zones et la conduite de nouvelles activités à forte potentialité.

 

Un dispositif institutionnel qui renforce la décentralisation

    Le Programme responsabilise davantage les communes et les régions en les mettant au centre de tout processus de prise décision. Cette décentralisation a pour avantage d'améliorer la légitimité des décisions en rapprochant les décideurs des entités et/ou personnes qui les appliquent et sur qui elles s’appliquent. L’optique est d’améliorer l'efficacité du Programme, grâce à une meilleure connaissance du terrain par les pouvoirs locaux. 
    Ainsi le Bureau National de Coordination prévoit la mise en place de cellules régionales à l’intérieur du Programme et le renforcement des structures locales de concertation auprès des communes concernées.

 

Un zoom sur les activités du PRE

pre

 

Les projets pilotes REDD+

 

projets

Une grande proportion des émissions annuelles anthropiques de cO2 sont liées à la déforestation et à la dégradation des forêts. La lutte contre la déforestation constitue donc un enjeu majeur pour stabiliser le climat. C’est partant de ce principe qu’est née la proposition de création d’un nouveau mécanisme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des Forêts (REDD). La garantie d’une réelle réduction des émissions ne peut être donnée par d’hypothétiques conditionnalités.

La stratégie adoptée est donc de court-circuiter les négociations sur le climat avec des processus parallèles, mobiliser les institutions et les financements publics pour créer les conditions favorables à l’intégration de REDD dans le marché du carbone et multiplier les projets pilotes. Ces derniers permettent d’apporter un chiffrage précis.

Ces projets, menés par des ONG de conservation, sont présentés comme de nouveaux outils de financement et de gouvernance pour la sauvegarde des forêts et la lutte contre le changement climatique. Nous pouvons citer actuellement 5 projets qui sont : le projet holistique de conservation des forêts (PHCF), le parc naturel de Makira, Le Corridor Ankeniheny-Zahamena (CAZ), Le Corridor Forestier Ambositra – Vondrozo (COFAV), et les FOrêts Engagées comme REservoirs de Carbone (FORECA).

Makira

Le projet Makira, dans le Nord-Est de l’île, est un projet mené par Wildlife Conservation Society (WCS) avec l’aide de Conservation International (CI). En 2008, Makira Carbon Company signe l’accord avec le gouvernement malgache. La compagnie vend depuis 2013 les crédits carbone issus des aires protégées à 10 us $ la tonne. D’après leurs études, la création du parc de Makira permettrait d’éviter 9 millions de tonnes d’émissions de carbone estimées sur plus de 30 ans. L’ONG de conservation assure que la moitié des revenus générés en contrepartie de la fixation de carbone seront remis aux communautés locales vivant à l’intérieur et autour de l’aire protégée.

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CAZ

Débuté en 2005, Le Corridor Ankeniheny-Zahamena couvre 371 000 hectares à l’Est de Madagascar. La Conservation International (CI) l’a lancé avec une méthodologie précise dans l’objectif de surveiller les réductions d’émissions. Winrock international, une organisation américaine, estime jusqu’à 10 millions de tonnes d’émissions de cO2 évitées sur 30 ans. Le projet s’est alors fixé un objectif de 4 millions de tonnes de cO2 d’émissions réduites d’ici 2017.

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COFAV

Le Corridor Forestier Ambositra – Vondrozo (COFAV) Fianarantsoa figure parmi les sites prioritaires, pour la conservation de la biodiversité mais aussi pour le développement de la population.

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PHCF

Le projet-pilote PHCF (projet holistique de conservation des forêts) est le résultat d’une collaboration entre WWF Madagascar et la fondation GoodPlanet. Il a été mis en place en 2008 avec l’appui de AirFrance.

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FORECA

Une forêt engagée est une partie du domaine forestier permanent située dans une zone menacée par la déforestation et la dégradation et spécifiquement classée comme réservoir de carbone à long terme. Dans le cas spécifique de Madagascar, une forêt engagée peut correspondre à des zones prioritaires désignées par un texte réglementaire (décret) et qui peuvent être soit des Aires Protégées, soit des sites de gestion durable des ressources forestières (SGDF ou KOLOALA).

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